Insoutenable, inqualifiable, inacceptable ou encore épouvantable. Des adjectifs qui tous renvoient à un procès, à un seul événement, à une seule et même date: 25 janvier 2006. Ce jour-là, Marc, 5 ans, trouve la mort à Auby, dans le Douaisis (Nord). Une plaie ouverte aux testicules, un bassin fracturé, une tête boursouflée et bleuie, cinq côtes cassées, une entaille purulente à la lèvre, des yeux clos, cerclés de traces noires et gonflés, des brûlures de cigarette, 66 bleus... témoignent de son calvaire. Celui que lui a infligé un mois durant David Da Costa, son beau-père.Toxicomane, alcoolique et violent, David Da Costa n'a pas apporté de réponse claire à la cour d'Assises du Nord qui le jugeait le mois dernier. Silencieux, il n'a pris la parole que lorsqu'il lui a été demandé de décliner son identité. A cette requête, ses seuls mots ont été: "De la merde, 38 ans". Son crime, il ne l'explique guère. A le croire, "Marc était son meilleur copain". Un "copain" qu'il a martyrisé, à qui il a infligé les pires sévices, au point de le tuer.
A ses côtés, dans le box des accusés, se trouvaient sept autres personnes qu'il connaît bien : son ex-compagne, la mère de Marc, Isabelle Gosselin; les grands-parents, oncle et tante de Marc; une assistante maternelle et surtout deux médecins, poursuivis pour non-assistance à personne en danger.
Amoureuse et aveuglée
Comment Isabelle Gosselin, cette ancienne nounou de 35 ans, décrite par tous comme une mère attentionnée et aimante, a-t-elle pu se taire devant la souffrance de son fils; son fils "tué, massacré" selon les mots de Michel Gasteau, le président?
A ses côtés, dans le box des accusés, se trouvaient sept autres personnes qu'il connaît bien : son ex-compagne, la mère de Marc, Isabelle Gosselin; les grands-parents, oncle et tante de Marc; une assistante maternelle et surtout deux médecins, poursuivis pour non-assistance à personne en danger.
Amoureuse et aveuglée
Comment Isabelle Gosselin, cette ancienne nounou de 35 ans, décrite par tous comme une mère attentionnée et aimante, a-t-elle pu se taire devant la souffrance de son fils; son fils "tué, massacré" selon les mots de Michel Gasteau, le président?
Comment a t-elle pu laisser David Da Costa détruire ainsi son garçonnet alors qu'en 2001, comme l'a rappelé Michel Gasteau, elle avait quitté Bruno, le père de Marc, alors qu'il buvait? C'est là la grande question. Question restée sans réponse... ou presque. Quand Isabelle Gosselin prend la parole pour tenter de justifier ce que son propre avocat, Maître Xavier Denis, qualifie de "lâcheté", elle ne tient pas en place. Se balançant d'avant en arrière, elle lance : "Je ne sais pas, je ne sais pas, j'étais amoureuse et aveuglée".
Mais surtout, comment a t-elle pu couvrir celui qui était son compagnon à l'époque des faits, allant jusqu'à prétexter que Marc "s'automutilait, avait des problèmes de comportement, se mettait des couteaux dans la bouche, se jetait des escaliers"?
Mais surtout, comment a t-elle pu couvrir celui qui était son compagnon à l'époque des faits, allant jusqu'à prétexter que Marc "s'automutilait, avait des problèmes de comportement, se mettait des couteaux dans la bouche, se jetait des escaliers"?
Toujours est-il que le mensonge de la mère "exemplaire" convaincra tout le monde. Pendant ce temps, le calvaire de Marc se poursuivait dans le plus grand secret.
"A la fin, Marc pleurait sans larmes"
A neuf ans, François, le frère aîné de Marc cherche lui aussi des réponses. Accroché à son doudou, le jeune garçon, finalement seul témoin des violences infligées à Marc par David Da Costa, est venu témoigner du calvaire de son frère.
"A la fin, Marc pleurait sans larmes"
A neuf ans, François, le frère aîné de Marc cherche lui aussi des réponses. Accroché à son doudou, le jeune garçon, finalement seul témoin des violences infligées à Marc par David Da Costa, est venu témoigner du calvaire de son frère.
Visiblement éprouvé, il a raconté les douches froides, les coups de pied, les claques... et puis toutes ces fois où sa mère fermait la porte pour ne pas qu'il regarde ou entende. "Je suis très en colère après ma mère, je ne veux plus la voir. Je suis maintenant dans une bonne famille, je ne veux pas la quitter" a déclaré François au bord des larmes, mais heureux d'avoir tenu la promesse faîte à son petit frère de raconter son calvaire. Un calvaire qui aurait pu être évité.
Des médecins qui n'ont pas vu
Chose surprenante, les deux médecins généralistes qui ont examiné le petit Marc peu avant sa mort, n'ont vu dans l'état de l'enfant aucun signe de maltraitance. L'un d'eux conclura même à un problème psy. Et pourtant, le visage du petit enfant, gonflé et bleui par les nombreux coups aurait dû les mettre sur la piste. Mais non. Pas même les quatre côtes cassées du garçonnet de cinq ans, n'éveilleront chez eux l'ombre d'un soupçon. Pour eux-aussi, Marc s'automutilait. Un jugement altéré par l'image de la mère parfaite qu'ils avaient d'Isabelle Gosselin.
Des médecins qui n'ont pas vu
Chose surprenante, les deux médecins généralistes qui ont examiné le petit Marc peu avant sa mort, n'ont vu dans l'état de l'enfant aucun signe de maltraitance. L'un d'eux conclura même à un problème psy. Et pourtant, le visage du petit enfant, gonflé et bleui par les nombreux coups aurait dû les mettre sur la piste. Mais non. Pas même les quatre côtes cassées du garçonnet de cinq ans, n'éveilleront chez eux l'ombre d'un soupçon. Pour eux-aussi, Marc s'automutilait. Un jugement altéré par l'image de la mère parfaite qu'ils avaient d'Isabelle Gosselin.
Dans un certificat avec lequel il adressait le petit enfant à un service de pédopsychiatrie, l'un des médecins a écrit ceci : "Nous vous adressons le jeune Marc avec hématomes multiples et manipulations multiples. A noter que je connais la mère et que tout geste malveillant de la part des parents semble à exclure". Cette dernière phrase étant soulignée deux fois. Volonté délibérée de protéger Isabelle Gosselin ou certitude profonde? La question reste posée.
"J'ai tué un enfant, je mérite la peine de mort"
Ces mots de David Da Costa et les regrets qu'il exprimera au cours du procès n'auront guère permis de le disculper. Au bout de deux semaines d'audience, la cour l'a condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Isabelle Gosselin, la mère de Marc, écope elle, de 30 ans de prison.
Quant aux grands-parents de Marc, au frère et à la belle-soeur de l'accusé, ils ont été condamnés à 3 ans de prison avec sursis, pour non-assistance à personne en danger et non dénonciation de crime. Même sentence pour les deux médecins. L'un d'eux qui n'avait même pas retiré le maillot de Marc, le jour où il a reçu le petit garçon en consultation, devra en plus s'acquitter d'une amende de 60 000 €. Pour le second médécin, elle s'élève à 75 000 €.
Le 27 octobre, jour de l'ouverture du procès du petit Marc, Enfance et Partage lançait une nouvelle campagne de mobilisation sur le thème : "Enfants maltraités, ne les privez pas de leur enfance". Comme pour rappeler à tout un chacun que la sauvegarde de notre enfance passe avant tout par la dénonciation de ces crimes inhumains.
"J'ai tué un enfant, je mérite la peine de mort"
Ces mots de David Da Costa et les regrets qu'il exprimera au cours du procès n'auront guère permis de le disculper. Au bout de deux semaines d'audience, la cour l'a condamné à la réclusion criminelle à perpétuité. Isabelle Gosselin, la mère de Marc, écope elle, de 30 ans de prison.
Quant aux grands-parents de Marc, au frère et à la belle-soeur de l'accusé, ils ont été condamnés à 3 ans de prison avec sursis, pour non-assistance à personne en danger et non dénonciation de crime. Même sentence pour les deux médecins. L'un d'eux qui n'avait même pas retiré le maillot de Marc, le jour où il a reçu le petit garçon en consultation, devra en plus s'acquitter d'une amende de 60 000 €. Pour le second médécin, elle s'élève à 75 000 €.
Le 27 octobre, jour de l'ouverture du procès du petit Marc, Enfance et Partage lançait une nouvelle campagne de mobilisation sur le thème : "Enfants maltraités, ne les privez pas de leur enfance". Comme pour rappeler à tout un chacun que la sauvegarde de notre enfance passe avant tout par la dénonciation de ces crimes inhumains.

